Le secret de la confiture de coings

Entre la mi-mars et le début avril, quand on se promène dans les ruelles du petit village de Goutte-la-Muanne, on sent partout une odeur bien particulière.

Depuis un certain temps le droit de distiller l'alcool ne se transmet plus de génération en génération, mais qu'est ce qu'on peut bien faire avec tout ces fruits ?

A Goutte-la-Muanne, les habitants (les « Gouttards ») gardent une tradition très ancienne de la région : un tradition qui ne se pratique que dans le plus grand secret.

Notre correspondant a réussi à infiltrer la Confrérie des Gouttards pour vous . . .

La préparation

La préparation commence vers la fin de l'été quand les fruits sont bien mûrs. On peut se servir de n'importe quel fruit, mais on préfère les prunes, tombées par terre et investies par les vers.

Prendre un ancien fût ( ou une poubelle moderne ). Le doubler avec une bâche en plastique ( ou un sac poubelle ) et mettre une première couche de fruits, bien mûrs et bien tassés. Bien fermer la bâche afin d'exclure l'oxygène et empêcher la formation de la pourriture. Chaque fois qu'on ramasse des fruits, ils sont ajoutées au fût jusqu'à ce qu'il soit plein.

Le travail

Laisser la masse de fruit travailler pendant l'hiver dans un endroit à température constante et modérée : dans une cave, par exemple. Les longs mois d'hiver éliminent les sucres qui sont convertis en alcool. C'est une partie critique du processus : les bestioles qui ne meurent pas sont ivres mortes.

La cuisson

En mars, dans un lieu sûr, bien à l'abri des regards indiscrets, découvrir la masse de fruit, qui doit être bien dense et pas trop humide. Remplir une marmite avec de la pulpe de fruit et la faire cuire lentement.

Il ne faut rien gaspiller. Mettre un couvercle avec un tuyau en cuivre pour récupérer la vapeur et diriger les gouttelettes de l'essence de fruit dans un bidon. Cette essence est pure et claire avec un léger parfum de fruit ( et environ 50% d'alcool ). Par contre, la masse de fruit qui reste est totalement immangeable !

La confiture de coings

Pourquoi « confiture de coings » quand il n'y a pas de coings dedans ?

La « cuisson » crée l'odeur caractéristique qu'on sent dans les ruelles. Si quelqu'un de passage dans le village demande d'où vient cette odeur, on lui répond qu'il s'agit de la « confiture de coings ».

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Il paraît que la fabrication de confiture de coings est désormais interdite par la législation en vigueur.

Vous pouvez saluer ces braves gens, mais vous ne pouvez pas suivre leur exemple.

Le chardon des champs

Le valet anglais malgré lui

Conception, texte : l'Extraterrestre
Photos : sa femme humaine
Mise en page : T-T-Web

l'Extraterrestre Alien@FR37.net

La bande sonore est l'Étude Vent d'Hiver Op 25 No11 de Chopin. Robert Finley au Clavinova.