Molière à l’accent anglais - quel sacrilège ! Comment est-t-il possible qu’on en soit arrivé là ?

C’est une longue histoire.

Chaque été, José Manuel Cano-Lopez met sa vie et sa réputation en péril en produisant, dans la petite bourgade du Grand-Pressigny, un spectacle de rue, de cour, de grange et de cave.

Ce « Parcours Théâtral » dans les « Paysages Nocturnes » n’a rien à voir avec les « sons et lumières » des grands châteaux où une centaine de figurants gesticulent, au bruit d’une bande sonore préenregistrée, dans un spectacle bien rodé, devant des gradins entassés de milliers de spectateurs.

Il y a, certes, des centaines de personnages, mais il s’agit d’un spectacle éphémère, intime, en direct, où les dérapages vous guettent à tous les coins de rue. Il n’y a pas de machiniste pour changer les décors - les scènes se jouent en boucle et c’est le public que se déplace - et, même si on est suffisamment accro pour venir chacune des trois nuits du spectacle, on ne peut pas le voir en entier.

Comment a-t-il réuni les centaines de comédiens nécessaires pour cette entreprise folle ? Un concentré d’hyper-intermittents du Grand Pressigny - commerçant et artisan, ouvrier et chômeur, professionnel et agriculteur, étudiant et retraité - coupé avec une bonne dose d’estivants, amateurs de théâtre venus prêter main forte - et . . . un anglais.